J'avais construit une immense maison. Avec passion, avec fougue et, la vie d'athlète étant ce qu'elle est, avec des échéanciers trop serrés à respecter. Trop? Pas pour moi! En mettant les bouchées doubles, j'allais certainement y arriver. Et j'y suis arrivée à chacune des fois. Chacune des fois sauf une. La plus importante, pour faire exprès.
Bien sûr, en allant trop vite, ma maison était fragile. Immense, oui. Immensément fragile aussi... Certaines parties s'écroulaient et je les raboutais du mieux possible en gardant un œil sur le calendrier. En sachant que je ne pouvais pas passer mon temps à faire la finition du sous-sol quand je devais ajouter un étage supplémentaire au plus vite. Je disais donc que j'y parvenais quand même toujours. Jusqu'au moment où tout s'est écroulé d'un coup.
De mon corps d'athlète, il ne restait soudainement que des ruines. À deux mois des Olympiques et avec des performances me permettant d'améliorer grandement mon rang obtenu à Beijing en 2008, je devais me retirer de l'équipe et faire ce que j'aurais du faire il y a bien longtemps: prendre mon temps. Bien sûr, j'avais vu les fissures partout. Je les vivais tous les jours, ces fichus fissures. J'avais mal tout le temps et le nombre de larmes que j'ai versé seule dans ma voiture en revenant de l'entraînement ne se compte plus. Seule dans ma voiture, parce qu'à l'entraînement on ne doit pas pleurer. On doit être forts et continuer.
Cela m'a pris quelques semaines à contempler les débris avant de me décider. Au début, il y avait bien trop de poussière pour y voir quoi que ce soit, de toute façon. En si peu de temps, un de mes rêves s'écroulait et je perdais mon financement pour toute l'année à venir, incapable de me qualifier au sein du peu d'élus à l'aide financière gouvernementale aux athlètes et sans aucuns commanditaires. Ce n'est pas comme si les commanditaires se ruent à la porte des athlètes amateurs. En haltérophilie, c'est d'autant plus flagrant. Et puis, il y avait aussi les médecins et les thérapeutes qui me parlaient de tout le travail à faire avant même de revenir à l'entraînement.
Puis il y a eu les Jeux, que j'ai regardé seule, chez moi. Mon corps était abimé, mais ma tête d'athlète, mon cœur d'athlète, ces deux là n'allaient pas soudainement se taire. Londres, de toute façon, ne devait être qu'une étape dans mon cheminement. Je savais que je n'y aurais pas gagné de médaille. Rio avait toujours été l'objectif de médaille, le rêve ultime dans mon parcours d'athlète.
Ainsi, je le dis maintenant devant vous tous, mon coude disloqué, mon hernie discale et mes muscles atrophiés n'auront aucune chance. Je n'ai peut-être plus de financement, mais j'ai maintenant tout ce temps que je n'ai jamais eu le droit d'avoir. Pour rebâtir, lentement et consciencieusement, non pas une maison, mais une forteresse.
Ici, vous pourrez donc suivre mes mésaventures au cours ce trajet cahoteux que j'entreprends. Motivée, sans le sou, gaffeuse, retournant faire des cours au cégep à 26 ans, passionnée, à la recherche d'emplois et emplie d'un désir d'engagement au sein de la communauté, vous allez voir, on ne s'ennuiera pas!
Bien sûr, en allant trop vite, ma maison était fragile. Immense, oui. Immensément fragile aussi... Certaines parties s'écroulaient et je les raboutais du mieux possible en gardant un œil sur le calendrier. En sachant que je ne pouvais pas passer mon temps à faire la finition du sous-sol quand je devais ajouter un étage supplémentaire au plus vite. Je disais donc que j'y parvenais quand même toujours. Jusqu'au moment où tout s'est écroulé d'un coup.
De mon corps d'athlète, il ne restait soudainement que des ruines. À deux mois des Olympiques et avec des performances me permettant d'améliorer grandement mon rang obtenu à Beijing en 2008, je devais me retirer de l'équipe et faire ce que j'aurais du faire il y a bien longtemps: prendre mon temps. Bien sûr, j'avais vu les fissures partout. Je les vivais tous les jours, ces fichus fissures. J'avais mal tout le temps et le nombre de larmes que j'ai versé seule dans ma voiture en revenant de l'entraînement ne se compte plus. Seule dans ma voiture, parce qu'à l'entraînement on ne doit pas pleurer. On doit être forts et continuer.
Cela m'a pris quelques semaines à contempler les débris avant de me décider. Au début, il y avait bien trop de poussière pour y voir quoi que ce soit, de toute façon. En si peu de temps, un de mes rêves s'écroulait et je perdais mon financement pour toute l'année à venir, incapable de me qualifier au sein du peu d'élus à l'aide financière gouvernementale aux athlètes et sans aucuns commanditaires. Ce n'est pas comme si les commanditaires se ruent à la porte des athlètes amateurs. En haltérophilie, c'est d'autant plus flagrant. Et puis, il y avait aussi les médecins et les thérapeutes qui me parlaient de tout le travail à faire avant même de revenir à l'entraînement.
Puis il y a eu les Jeux, que j'ai regardé seule, chez moi. Mon corps était abimé, mais ma tête d'athlète, mon cœur d'athlète, ces deux là n'allaient pas soudainement se taire. Londres, de toute façon, ne devait être qu'une étape dans mon cheminement. Je savais que je n'y aurais pas gagné de médaille. Rio avait toujours été l'objectif de médaille, le rêve ultime dans mon parcours d'athlète.
Ainsi, je le dis maintenant devant vous tous, mon coude disloqué, mon hernie discale et mes muscles atrophiés n'auront aucune chance. Je n'ai peut-être plus de financement, mais j'ai maintenant tout ce temps que je n'ai jamais eu le droit d'avoir. Pour rebâtir, lentement et consciencieusement, non pas une maison, mais une forteresse.
Ici, vous pourrez donc suivre mes mésaventures au cours ce trajet cahoteux que j'entreprends. Motivée, sans le sou, gaffeuse, retournant faire des cours au cégep à 26 ans, passionnée, à la recherche d'emplois et emplie d'un désir d'engagement au sein de la communauté, vous allez voir, on ne s'ennuiera pas!
Wow! Voilà un texte inspirant et très bien écrit. Je reconnais là mon amie à la détermination incassable. Bravo Marilou! Si tu as besoin de quoi que ce soit pour cheminer dans tes nouveaux projets, tu peux me faire signe. J'ai bien confiance que l'avenir te sera fructueux.
RépondreSupprimerBisous et à bientôt
-Gabriel Campeau-