Je me suis levée ce matin
avec une tronche à mi-chemin entre en sourire et une grimace, les muscles endoloris comme c'est pas possible. Sortir du lit fut une
dure épreuve et éternuer me sembla pire que le supplice
d’écartèlement (Vous connaissez ? Comme celui à la fin du
film « Braveheart », avant que Mel Gibson crie
« Libertéééééééé ! »). Bref, il n'y a pas un
muscle de mon corps qui semblait en paix, d'où la portion grimaçante
de ma bouille matinale.
Après six mois de repos quasi complet et
très peu d'entraînements qui soient dignes de mention, ces
courbatures étaient tout sauf malvenues. Mes douleurs des dernières
années se résument aux séries de blessures récalcitrantes qui
me rappellent que je ne pourrai pas m'entraîner comme il se doit.
Aujourd'hui, c'était l'inverse : j'étais presque sans douleur
au niveau des bobos. J'étais tellement avancée dans ma guérison que j'avais
pu m'entraîner assez fort pour en ressentir le fameux « rackage »
subséquent. À cette pensée, mes douleurs ont pris un goût de victoire.
D'espoir. Un goût de vent d'automne qui sent bon. De vent qui
tourne, pour enfin me pousser dans le dos. Comme une petite tape qui
me dit « bravo, continue comme ça ! ». C'est ainsi,
qu'encore toute échevelée de sommeil, j'ai souri dans ma grimace.
Ça devait être beau !
En sortant de chez moi la
même matinée (d'une démarche ma foi très peu esthétique, les
courbatures étant toujours bien présentes), les feuilles déjà
colorées des arbres se sont subitement trémoussées à l'unisson.
Je vous jure, j'ai senti une bourrasque en plein entre mes omoplates,
exactement comme une tape dans le dos ! Je crois même que j'ai
plané jusqu'à ma voiture... Bon, peut-être pas, mais presque. En
tout cas, chose certaine, il ne restait plus aucune trace de rictus
dans mon visage. Juste un très grand sourire. Vous ai-je déjà dit
combien j'aime l'automne ?