jeudi 11 octobre 2012

Grimaces d'automne

 Je me suis levée ce matin avec une tronche à mi-chemin entre en sourire et une grimace, les muscles endoloris comme c'est pas possible. Sortir du lit fut une dure épreuve et éternuer me sembla pire que le supplice d’écartèlement (Vous connaissez ? Comme celui à la fin du film « Braveheart », avant que Mel Gibson crie « Libertéééééééé ! »). Bref, il n'y a pas un muscle de mon corps qui semblait en paix, d'où la portion grimaçante de ma bouille matinale. 

Après six mois de repos quasi complet et très peu d'entraînements qui soient dignes de mention, ces courbatures étaient tout sauf malvenues. Mes douleurs des dernières années se résument aux séries de blessures récalcitrantes qui me rappellent que je ne pourrai pas m'entraîner comme il se doit. Aujourd'hui, c'était l'inverse : j'étais presque sans douleur au niveau des bobos. J'étais tellement avancée dans ma guérison que j'avais pu m'entraîner assez fort pour en ressentir le fameux « rackage » subséquent. À cette pensée, mes douleurs ont pris un goût de victoire. D'espoir. Un goût de vent d'automne qui sent bon. De vent qui tourne, pour enfin me pousser dans le dos. Comme une petite tape qui me dit « bravo, continue comme ça ! ». C'est ainsi, qu'encore toute échevelée de sommeil, j'ai souri dans ma grimace. Ça devait être beau !


En sortant de chez moi la même matinée (d'une démarche ma foi très peu esthétique, les courbatures étant toujours bien présentes), les feuilles déjà colorées des arbres se sont subitement trémoussées à l'unisson. Je vous jure, j'ai senti une bourrasque en plein entre mes omoplates, exactement comme une tape dans le dos ! Je crois même que j'ai plané jusqu'à ma voiture... Bon, peut-être pas, mais presque. En tout cas, chose certaine, il ne restait plus aucune trace de rictus dans mon visage. Juste un très grand sourire. Vous ai-je déjà dit combien j'aime l'automne ?







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